Point du Ramingao à Roquebrune Cap-Martin

 

Aaron  Messiah1858 1940

 

*Extraits traduits du livre Newborough the english suburb of Nice XIXè century non encore publié en français  de Judit Kiraly (Docteur de l’université de Nice Sophia Antipolis

 

Mise à jour I5  février 2026

 

Messiah (1858-1940) apparait deux fois dans les Minutes de l’église anglicane pour son rôle comme Church Architect, la première fois le 17 mars 1871 (il venait d’avoir 21 ans). C’est un rôle très logique car il était le fils de Judah Messiah, qui avait l’habitude de vérifier et de cosigner les comptes de l’église avant de les envoyer au Foreign Office et il était connu de toute la Communauté qui avait l’habitude de fréquenter sa boutique de tapis et d’ameublement, à la mode.

Le Church Committee préféra prendre comme architecte de chantier pour superviser l’agrandissement de l’abside un Niçois local, l’ingénieur Chevalier R.Buti. Peut-être Mr Messiah était-il trop occupé, peut-être était-il en défaveur. Ses deux amis proches le Consul Harris et le Reverend Langford n’étaient plus au Committee et peut-être du fait que Messiah était déjà officieusement à la tête du Consistoire Israelite de Nice. Il était encore officiellement Church Architect, position qu’il occupa de nombreuses années. Comment un jeune juif devint-il architecte de l’English Church ? des raisons particulières ? Mais aussi il eut une vie particulière.

Judah (ou Leone dans les documentsc sardes) était un marchand ambulant originaire de Gibraltar qui voyageait continuellement entre la Grande Bretagne et la France. Sa femme était niçoise, Clémence Colombo, fille issue d’une riche famille juive niçoise, propriétaires d’une maison du vieux Nice appelée Palais Lascaris. Clémence dirigeait une boutique quai Saint Jean Baptiste à Nice et vendait des tissus, du linge de maison et tout ce qui pouvait manquer dans les maisons louées par les Britanniques.

 

Aaron leur fils était l’un de leurs cinq enfants qui projetait d’étudier l’architecture à Paris. Mais la soudaine banqueroute due à un mauvais investissement (dans un projet d’hôtel lancé par Thomas Smith qui n’a jamais été construit), mit fin à ses études. Le jeune Aaron parlait Niçois, Français, Anglais, connaissait les marchands locaux et était un très bon négociateur. Il exerçait aussi comme apprenti dessinateur architecte.  Tous ces détails firent de lui le meilleur candidat architecte pour les travaux de l’église pour le Committee.(chargé de l ’agrandissement de l’église)

Son cursus d’architecte n’était pas inhabituel pour l’époque. Il commença à travailler comme apprenti à l’âge de14 ans chez un architecte local qui avait son cabinet dans le même immeuble que la boutique de ses parents. A ce moment il était entièrement autodidacte apprenant tout seul les langues classiques, le dessin et l’architecture. C’était un excellent dessinateur soigneux et consciencieux mais il avait un fameux caractère.

 

Il avait déjà travaillé à la villa princière Torre di Cimella du Colonel William Edwyn Evans à Cimiez – un côté de la villa bordait ce qui est actuellement l’avenue du Colonel Evans (baptisée ainsi en son honneur). Cette très importante villa était la première qu’il construisit. Il continua à la modifier même après la mort de Lady Evans pour les nouveaux propriétaires. Evans était le mécène de Messiah et c’est grâce à son influence et celle d’une autre personnalité amicale, le Consul James Harris, que Messiah devint un architecte apprécié et populaire de la Communauté internationale de le Riviera.

 

(Source : Red Album of the Messiah architectural firm)

 

Messiah construisit diverses villas emblématiques pour les résidents étrangers de Nice et sur la Riviera. Après la Torre di Cimella, la villa Apraxine, le Monticello, le Namouna Cottage pour James Gordon Bennett- juste pour ne nommer que quelques-unes de ses œuvres. Il construisit aussi diverses villas pour le Roi des Belges Leopold à Saint Jean Cap Ferrat et Beaulieu comme la très fameuse villa Leopolda ; il a commencé la villa Ile de France pour la Baronne Beatrice de Rothschild et il a construit le palais Masséna pour le Prince d’Essling, tous deux musées aujourd’hui.

 

Il dessina une nouvelle bibliothèque pour la Communauté britannique quand la Porter’s Lodge devint trop petite

Aujourd’hui à la fois la bibliothèque et la Porter’s Lodge de la rue de France sont remplacées par un immeuble du nom de Gibraltar

 

Il  s’occupa également du  transfert de la Mantega avenue Gambetta  au cimetière de Caucade