Site militaires du Mont Bataille

SITES DE L'OUEST DE NICE ET BASSE VALLEE DU VAR


 Dans ce secteur très urbanisé on ne retrouve que peu de vestiges car beaucoup ont été détruits au cours de travaux

L’Aire saint Michel


 

 Ces ouvrages ont été décrits par le général Cheneveau (3), mais ils n'ont pas été rattachés à une campagne précise. Leur orientation et leur position incitent à penser qu'ils pourraient être austro-sardes et se rattacher à la campagne de 1744 constituant des positions avancées par rapport au camp retranché du mont Alban. Ils pourraient même être antérieurs.

On peut se demander pourquoi ils ont été implantés à cet endroit.

L'explication pourrait être la suivante. Pour une armée traversant le site de Nice entre le Var et le Paillon le passage vers l'est le plus simple est le pied des collines au bord de mer. En 1744 il était surveillé par la flotte anglaise et à portée de ses canons.  Certaines troupes gallispanes sont passées par le bord de mer en 1744 et il y eut quelques engagements avec la marine anglaise après mise en place de batteries à terre. Le franchissement des divers vallons plus au nord hors de portée de la marine n'est pas simple et les vallons sont nombreux et encaissés : vallon de Fabron, de Terron , Canta Galet et surtout le vallon de Magnan qui remonte très au nord, puis saint Pierre de Féric, Pessicart et le vallon obscur. Le passage par les collines aboutissant à saint Roman de Bellet et saint Pancrace supprime tous ces obstacles et dans ce cas les ouvrages de l'aire saint Michel côté ouest au dessus de l'aire profonde et dominant saint Pancrace étaient tout à fait justifiés. Ont-ils été engagés dans la bataille ? D’après les compte-rendus il semble que les gallispans aient cherché à les déborder par le nord et par l'ouest du mont Chauve pour s'engager vers Aspremont Levens et Utelle.

Par ailleurs le premier lieudit mentionné par les gallispans après le franchissement du Var est Sainte Marguerite. Il existe un lieudit dans ce quartier appelé Cal du Spagnol. Il y aurait lieu de se demander si cette dénomination peut dater de cette époque.

Si l'on examine le plan à l’échelle de 1/5000ème, les équivalences sont les suivantes avec les dénominations du général Chéneveau :

Chateaurenard V correspond au lieudit la Vallièra

Chateaurenard II correspond au lieudit les Beaumonts

Chateaurenard III correspond au lieudit Clot de la Serena (nord) ; le plan du général Chéneveau est  incomplet

Chateaurenard IV correspondrait peutêtre à Clot de la Serena (sud)

Ces ouvrages entourent le vallon des Beaumonts suivant la dénomination de la carte au 1/5000 désigné habituellement sous le nom d'Aire Profonde.

Sur la carte au 1/5000ème, un chemin côté sud du vallon des Beaumonts est nommé chemin de la redoute.

Aspremont


 Il semble qu'au printemps 1744 le château d'Aspremont ait été pris sans difficultés particulières par les gallispans. L. Trastour (7) page 19 à 21 indique «  l'un des meilleurs ingénieurs de Vauban, Niquet dressa en Septembre 1694, le plan des ouvrages de fortifications nécessaires pour donner à la place d'Aspremont, la puissance convenable...les grands projets de Vauban ne se réalisèrent pas ». En page 21 il donne le plan de fortification envisagé autour du vieux château, mais il ne dit pas si au moment de la guerre de succession d'Autriche certains ouvrages avaient été réalisés par les sardes.

 

Ouvrage de Saint Laurent du Var


Batterie au bord de mer à l'embouchure du Var côté ouest. Voir Garnier (5) - page 5 – disparue ; cette batterie apparaît aussi sur le plan du lieutenant Rook du Royal Bavière  en 1746.

Sur la carte de Bourcet elle figure sous le nom de redoute d’Artaignan. Cette batterie se trouvait peut-être sur la petite butte au sud de la gare et en amont du parking de Cap 3000.

Sur une carte de l’estuaire du Var (voir Nice Historique octobre décembre 2004, page 223), on distingue deux redoutes, l’une dite de la Pallus à l’emplacement actuel de Cap 3000 et l’autre dite de la Cavocade  un peu plus au nord est dans le quartier qui portait alors le même nom.

Château de la Reine Jeanne à Vence


Il était situé dans le Haut Malvan et selon Daniel Petit (6) page 129, il aurait été incendié par les hongrois faisant partie des troupes autrichiennes en 1746. Constituait-il un point de résistance ?

Le site d’Antibes


 

Pendant le siège de 1746, des bâtiments ont été détériorés, notamment la cathédrale. Un lieudit dans le cap d’Antibes est nommé « camp des autrichiens », et il existe aussi une avenue des autrichiens. Des boulets ont été retrouvés en divers endroits du côté du chemin des Sables.

Un camp a semble avoir été établi à Biot

Ouvrage de l’embouchure de l’Estéron


        

Le général Garnier nomme cet ouvrage « la Pinatelle ». Il figure sur la carte de Durieu et sur celle de Bourcet. Il figure aussi au cadastre de la commune du Broc.

Cet ouvrage est encore visible sur la croupe qui domine l’embouchure de l’Estéron en contrebas de la RD 2209 à la limite des quartiers la Pinée et les Vallières. On peut rapprocher la dénomination du 19ème siècle «  Pinatelle » de celle d’aujourd’hui « Pinée ».

 Il est accessible au niveau du N° 4488 par la route privée d’accès à des villas en contrebas. Il est à 100

mètres en aval de la villa la plus basse et est visible depuis le Var.

Il figure avec les chemins d'accès sur un plan de 1834. Voir plan ci dessus.

Il est constitué par une redoute carrée de 17 mètres environ de côté (mesurée à l’intérieur), orientée vers le nord-est. La porte d’accès se trouve sur la façade sud-est vers l’amont et le mur sud-est est rehaussé de 2.50 m environ par rapport aux autres murs avec des meurtrières pour le tir aux armes légères. Voir croquis et photos. Les mesures sont très difficiles à prendre à cause des broussailles très denses. Il y avait peut-être  une petite plateforme côté sud-ouest vers l’amont faisant office de fossé. Pour pouvoir tirer à travers les meurtrières il y avait peut-être un platelage dont on ne  voit pas de traces.

Les quatre angles sont arrondis. A la partie basse de l’angle sud il a un petit saillant de 80cm de côté environ  L’ouvrage est en assez bon état sauf le mur nord-est qui est un peu déchaussé, et il serait dommage de l’abandonner car c’est un rare témoignage d’ouvrage du 18ème siècle dans la région.

En aval de l’ouvrage à 6 mètres environ se trouve un petit poste de 4mx4m extérieur environ avec originellement une toiture qui a disparu avec une ouverture sur chaque face sauf la face amont. Cet ouvrage aurait servi aussi de poste de douane sur une voie reliant saint Martin du Var au Broc avec un gué ou traversée par bateliers.

Avant le traité de Turin du 24 mars 1760, dit traité des limites, l’embouchure de l’Estéron côté rive droite était sarde et divers documents font mention de contrebande dans ces parages.

 

Dans les environs du Broc au lieudit les Castellas on voit des ouvrages difficiles à dater mais qui paraissent militaires.

Ouvrages autour de Gillette


Ce village est situé sur l’ancien passage de la Tinée vers le Var par le pont de Malaussène et du Var vers l’Estéron par le col du Vial. Il se trouvait aussi sur le grand chemin de Nice à Malaussène. Tout ce secteur a été particulièrement actif pendant les opérations de septembre octobre 1793. Michel Bourrier (1), pages 125 à 138 a fait la synthèse des opérations à partir d’un certain nombre de documents cités en pages 148 et 149, et nomme des sites qui ont été fortifiés à cette époque ou qui l’étaient déjà.

Redoute du rocher de Cucuglia


Michel Bourrier (1) indique page 126, qu’elle était reliée par des retranchements à la chapelle saint Pancrace au nord du village. Ce site est à localiser

Le colombier et le pré du Seigneur


Le même auteur nous dit page 126, que cette construction au dessous du château servait de réduit, et  qu’elle était reliée par des retranchements le long du Pré du Seigneur à la maison fortifiée du comte Gilletta, pour surveiller les vallons de Lati et de Terron (au sud ouest du village). On voit dans ce pré des mouvements de terrain mais pas  de tranchées ; elles ont été probablement comblées pour l’exploitation du terrain.

Poste  de Vallelunga


Ce lieudit est situé entre Gillette et Revest.

Redoute et flèche de la Longia


Ces ouvrages sont mentionnés par Michel Bourrier. La crête de la Longia se trouve à l’est du village.  G. Brétaudeau () tome XLI page 33, a fait le plan de la Tête de Longia, mais au  niveau d’un collet au sud est de la Tête de Longia on rencontre des murs en pierre sèche qui pourraient être les restes d’un camp peut être austro-sarde avec des murs le long de la crête.

Cette position est logique car il existe un chemin balisé mais non mentionné sur les cartes qui de la borne 18 passe par ce collet (x=988.524, y=3183.453, z=632) et rejoint le vallon du Baus de Lunel vers Bonson.

Redoute de la cote 526


Non localisée, mais probablement au nord ouest du village

Redoute de saint Paul


Il s’agit peut-être d’un ouvrage près d’un ancien village au nord est de Gilette entre Moulière et Bonson. Michel Bourrier (1) en parle page 134.

Pont de Malaussène


Ce pont a été un site stratégique. Au moment des guerres de la révolution, il était en bois. Il a été démoli. Par un arrêté du 21 mai 1800, le général Suchet a ordonné sa reconstruction immédiate, ce qui aurait été fait en quelques heures.

Tour de Massoins


 Mentionnée dans des textes anciens. Cette tour était peut-être établie sur un rocher dominant le pont de Massoins où se trouve un pilone électrique.

Bibliographie