digue du var

 

STURGE, SPANG, JOHNSTON-LAVIS, EMILY BOVELL, JULIA STURGE

 

Mise à jour juin 2017

Note sur un américain et deux médecins anglais qui ont vécu longtemps sur la Côte d’Azur  et qui se sont intéressés à la paléontologie et à l’archéologie dans la région

William Sturge

   

Médecin anglais né en 1850 à Bristol (Angleterre), dans une famille  Quaker,  mort en 1919. Entré à l'École de Médecine de Bristol en 1868, il a également travaillé à l'Hôpital Général de Bristol. Négligeant sa santé au profit de son travail, il est atteint de diphtérie en juin 1869. 


    Après sa guérison, il reprend ses études et réussit l'Examen Fondamental du Collège de Chirurgiens en 1870. Rentré à Londres en 1871 pour poursuivre ses études, il est atteint d'une nouvelle crise de rhumatismes articulaires, il est obligé de s'arrêter pendant deux ans et en profite pour séjourner en Égypte. Puis il reprend ses études et obtient son doctorat de médecine à Londres en 1875. Sturge a eu deux oncles  très connus, dont il porte les noms – l’abolitioniste et humaniste  Joseph Sturge, et William Allen un grand Quaker, qui a financé le retour in extremis du père de la Reine Victoria d’Allemagne en Angleterre, (pendant les dernières semaines de  la grossesse de sa femme), permettant ainsi que Victoria naisse en Angleterre et donc qu’elle puisse hériter du trône trône.
    En 1876 et 1877 il se rend à Paris pour y étudier la neurologie auprès de Charcot dans la clinique de la Salpetrière. William n'a pas limité ses études à la neurologie. Il a travaillé en pathologie générale et en médecine et a suivi attentivement l'enseignement de Fournier. C'est à Paris qu'il a rencontré sa femme, Emily Bovell qui était aussi médecin elle était parmi les sept premières femmes d’Edinburgh (Septem Edinam) qui ont suivi  les cours de médecine mais  ne  pas pouvaient pas passer les examens. Elle se qualifia enfin à Paris, et travailla avec Charcot. Ils se sont mariés en septembre 1877 et sont revenus à Londres pour travailler ensemble. Il a été nommé médecin et pathologiste à l'Hôpital Libre Royal, et conférencier à l'École de Médecine des Femmes. 

Son épouse ayant développé une tuberculose, le couple a déménagé à Nice en France en 1882  pour vivre dans un climat plus doux. Là ils ont installé un cabinet pour des Anglais riches et célèbres et des visiteurs américains (elle était la première femme médecin à Nice) ; elle les soigna et elle donna des cours d’hygiène aux femmes chez elle). En même temps, Sturge soignait la Reine Victoria et sa famille (il était médecin de Victoria seulement à Nice). Reconnaissante de ses services, la Reine Victoria lui a accordé de nombreux cadeaux et une décoration réservée aux personnes ayant rendu service à la Famille Royale (M.V.O.). William Sturge est resté à Nice pendant 27 ans.
    L'année suivante, William s'est marié avec Julia Sherriff qui était son infirmière à Nice. Pendant les fortes chaleurs de l'été, ils partaient en vacances et c'est pendant cette période que Sturge a développé une véritable passion pour l'archéologie et la paléontologie.

Le nom du Dr. Sturge est associé au syndrome largement connu - syndrome Sturge-Weber.

 

Il a participé au congrès international d’anthropologie et d’archéologie de Monaco en 1906  et il a mis à disposition des chercheurs ses collections d’objets dans son propre appartement, villa Malausséna, boulevard Dubouchage.

Il a fait un catalogue descriptif des objets exposés qu’il a publié () et ce qui concerne la Riviera a été exposé dans les vitrines dont la composition a été détaillée ci-dessous, avec les commentaires d’époque

Vitrines XXXIII et XXXIV pages 100 et 101 du catalogue descriptif

 

« Ces vitrines sont consacrées aux instruments en silex de la grotte de Barma-Grande, une des grottes bien connues qui se trouvent sur la frontière franco-italienne, auprès de Menton. Nous savons maintenant que ces grottes représentent, au moins, deux civilisations bien distinctes; une correspondant à celle de Moustier - moustérienne; l’autre, une civilisation si essentiellement différente de tout ce que nous connaissions jusqu'à ce jour, qu’ïl a été difficile de lui assigner une place chronologique et que sa classification a donné lieu à bien des discussions. Peu à peu, il est devenu évident que la dernière de ces civilisations représentées par les grottes de Menton a certains rapports avec l’âge de Solutré ct il est à prévoir que ces rapports seront plus nettement déterminés lorsque sera publié le compte-rendu de la Commission chargée des fouilles organisées sous le haut patronage de S. A. S. le Prince de Monaco »

VITRINE XXXIII Cette vitrine contient des instruments appartenant à la seconde de ces périodes, la période des petits instruments et des lames à encoches que nous avons vues dans la vitrine. Il y a une grande variété dans la forme de ces instruments et le silex dont ils sont faits est souvent de fort belle qualité. Parmi les grattoirs, il y a un type (n° 1) qui semble caractéristique des grottes de Menton et de certaines grottes de la Dordogne, telles la Gravette, Petit-Peyrousseau et les Roches.

 Un grattoir de même forme, retiré de graviers par feu mon neveu, ill. A. G. Shirref. Ces graviers se trouvent clans la vallée du Malvan, vallée à l'Ouest du Var, qui sont à environ 33 mètres au-dessus du niveau actuel du ruisseau et ont été sectionnés pour faire la route. Cette section a une hauteur de 2 mètres et le grattoir se trouvait à 1 m. 2S au sommet de la section.

VITRINE XXXIV Cette vitrine contient des instruments de Menton, du type moustérien. Tous les instruments dont l'origine est certifiée, viennent du talus en face de la grotte ct ont été trouvés à une profondeur de 8 à 9 mètres au-dessous du niveau où se trouvait le plancher de la grotte, avant qu'on eut entrepris les fouilles. Le « racloir» et la «pointe» de vrai type moustérien sont ici représentés, l'un et l'autre par des spécimens de toute beauté. Un fait remarquable, auquel on n'a pas jusqu'ici fait assez attention, c'est l'existence dans l'abri du Moustier d'une quantité d'instruments où l'on peut voir le travail d'hommes de deux périodes distinctes 1'une de l'autre, la patine de ces deux périodes étant très différente. Le travail récent n'a, en général, que peu ou point de patine, tandis que le travail ancien a une patine intense. J'ai, dans ma collection, au moins une douzaine d'instruments du Moustier qui offrent cette particularité, que j'ai remarquée d'ailleurs dans toutes les collections d'instruments du Moustier que j'ai pu examiner. Il est intéressant de retrouver cette même particularité dans les instruments de type moustérien, venant des grottes de Menton. Les nos 1, 2, 3, 4 en sont des exemples.

No 1. - La différence de patine est très accentuée. Sur l'autre côté, où se trouve le conchoïde de percussion, il y a aussi une partie de la surface exhibant le second travail.

Nos 2 et 3. - Ici la différence est moins sensible parce que la patine du travail ancien a à peu près la même couleur que le silex lui-même; mais, en examinant attentivement, on verra que le second travail se distingue nettement du premier.

No 4· - Ici la différence est constituée par la coloration de la patine; le travail récent a une patine blanche, tandis que le travail ancien est recouvert d'une patine jaunâtre. Les autres côtés des Nos 2, 3 et 4, ceux du conchoïde de percussion ont, sur toute leur surface, la patine ancienne. La plupart des instruments qui n'ont été travaillés qu'une fois, ont peu ou point de patine.

 

Note : Une partie de ses collections : les  objets du paléolithique  (flints instruments) sont au British Museum à Londres, l’autre partie : les amphores en bronze et sa collection étrusque sont au  Royal Toronto Museum.

 

Note sur Emily Bovell

 

C’était la première épouse du Docteur W. Sturge.

Elle a fait partie des « seven edinam ». C’était une association de femmes  aussi appelée « septem contra Edinam » (sept contre Edinbourg). Elles ont fait une pétition à la Royal Infirmery demandant leur admission aux études cliniques : voir Internet.

Du fait de la difficulté d’être reconnue en Grande Bretagne, elle a passé sa thèse de Doctorat à Paris le 10 aout 1877 sur le thème « de quelques accidents de l’épilepsie »

Elle notamment présenté une conférence intitulée « physiologie pour les femmes » devant le Queen’s College

Une autre communication devant le Clifton High School for girls au sujet du vêtement des femmes. Elle concernait les mauvaises habitudes vestimentaires des femmes, néfastes pour le corps.

On lui doit aussi un Cours sur la physiologie humaine comparative.

Dans la Revue Nice Medical N° 6 de mars 1883, il était question peu avant la mise en service du canal de la Vésubie, des divers systèmes d’évacuation  des vidanges et des immondices d’une ville.

On peut lire « …aussi la Société de Médecine a  t-elle porté,  sur l’initiative de son Président, le Docteur Thaon, cette question à l’ordre du jour et l’instructive et consciencieuse discussion qui a suivi  le remarquable rapport  de Madame le Docteur Allen Sturge sur l’aménagement des égouts… »

Elle est décédée à l’âge de 44 ans au 9 rue Longchamp à Nice le 2 avril 1885, suivant son acte de décès N° 690. Elle est enterrée au cimetière de Caucade British Protestant Cemetery

 

Note sur Julia Sturge

 

Seconde épouse du Docteur W Sturge

 Pendant près de 20 ans c’était Julia Sturge qui s’occupa de la bibliothèque anglo-américaine rue de France, ainsi que  de gérer les consultations de son mari, les affaires courantes  de Sailor’s Home de Nice. Elle a fondé les Nurses Institute de Nice; et elle a tapé toute la correspondance de son mari.  Sturge marchait avec des difficultés suite à ses divers problèmes rhumatologiques,  donc c’est Julia qui est allée le plus souvent sur les sites près d’Icklingham (leur maison)  et a rapporté les pierres/flints pour son mari.
Son nom était Shirreff mais son père l’a modifié en Sherriff. C’était une femme pleine d’énergie et elle a voué un culte à son mari. Il y a des publications qui ont parlé des travaux du Dr et de Mrs Sturge en paléontologie.  C’est elle qui avait conduit les visites dans la maison du boulevard Dubouchage, car il était souffrant. Elle a légué ses 3000 cartes  postales (des sites et des endroits intéressants) au Musée de Bristol. Elle avait aussi une collection d’amulettes égyptiennes (collection aujourd’hui disparue). Bref, elle n’était pas  juste sa ‘nurse’, comme on le lit dans les biographies... Julia était une femme formidable. Comme Emily Bovell. Son obituaire écrit par le Docteur Thaon figure dans “Nice Médical” (disponible  sur Gallica).

 

Notes : Dans un article du Shields Daily Gazette du 15 septembre 1885, on peut lire « Mr Wilson, consul américain à Nice a donné des détails sur la découverte dans la grotte de Menton d’un squelette d’homme qu’on croit avoir appartenu à l’époque paléolithique »

Est-ce lui qui a donné l’idée à W.Sturge de travailler sur le sujet ?

Les  grottes du Baoussé Roussé côté italien de la frontière ont fait l’objet de nombreuses études et publications au moins depuis 1872 et des objets sont exposés dans le petit musée au pied des grottes.

Le photographe Jean Baptiste Anfossi a réalisé une photo de squelette en 1872, publiée dans le livre « La photographie à Nice Monaco et Menton » page 60, par Didier Gayraud – éditions Academia Nissarda 2016

 

Charles Spang

 

Propriétaire de Spang Iron & Steel de Pittsburg fabricants de pièces métalliques des wagons des chemins de fer américains et d’éléments de paquebots), américain né en 1809 décédé en aout 1904 à Nice

Il a constitué des collections de minéraux, travail continué par son fils Norman.

 Il a habité une villa Promenade des Anglais à Nice au N° 65 dite en 1903 villa Spang ou villa Guiglia, devenue le Centre Universitaire méditerranéen.

Il était collectionneur minéralogiste et botaniste amateur, collectionneur de cactus. Il participait à des fouilles archéologiques et il était assez connu aux Etats Unis comme scientifique amateur. (Il s’est installé à Nice, pour avoir une collection de cactus  et de plantes exotiques dans le jardin de la ville Marguerite au parc Liserb à Cimiez qu’il loua à cause de son jardin car à  Pittsburg il faisait trop froid) 

 Sa fille Rosalie était artiste-peintre, très fortunée, jamais mariée, elle habita sur la Promenade pendant 70 ans

Un dessin d’A.Head montre l’état de la villa du 65 Promenade, en 1903 et en 1996. La façade sur la Promenade a assez peu changé

Le Centre Universitaire Méditerranéen (CUM) est un édifice municipal niçois accueillant le grand public pour des conférences, concerts, colloques, tables rondes, expositions et, depuis 2010, le Conseil Métropolitain de Nice Côte d'Azur notamment. 
Ancienne Villa du XIXe siècle, propriété de Charles Frederik Spang (propriété de Guiglia, légué à la ville, puis repris par Spang) elle sera rachetée par la municipalité au début du XXe siècle, afin d'y installer l'École Hôtelière. 
C'est en 1933 que l'édifice deviendra le Centre Universitaire Méditerranéen, et les façades et les intérieurs seront rénovés par l'architecte Roger Séassal.

 

Henri James Johnston-Lavis

 

Médecin anglais né à Londres en 1856 décédé  suite d’un accident de voiture le 1er février 1916.

Pendant son séjour à Naples il s’est intéressé à la vulcanologie. Il a étudié le tremblement de terre d’Ischia le 28 juillet 1883 (voir Internet) et en rapporté des photographies

Quand il s’est établi à Beaulieu après avoir exercé son métier de médecin à Naples, il a fait des fouilles archéologiques et son travail a été mentionné par André Compan et André Cane. Il était président de syndicat d’initiative à Beaulieu et un des fondateurs de la British Chamber of Commerce of the Riviera.

Voir Archeam N° 10, consultable sur Internet

Un petit musée archéologique a été constitué provisoirement à Beaulieu sous la Rotonde, avec les découvertes faites localement mais plus tard, peut-être transféré à Monaco

 

Orbituaire

 

https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridgecore/content/view/S0016756800153658